5 MAI 2019, JOURNEE DU PATRIMOINE MONDIAL AFRICAIN

DÉCLARATION DE MONSIEUR LE MINISTRE DE LA CULTURE, DES ARTS ET DU TOURISME

Le 16 novembre 2015, la 38e session de la Conférence générale de l’UNESCO a adopté la résolution proclamant le 5 mai Journée du Patrimoine Mondial Africain (JPMA).

Cette Résolution, qui s’inscrit dans le Programme Priorité Afrique de l’UNESCO, vise à célébrer le patrimoine culturel et naturel exceptionnel du continent africain d’une part, mais surtout à sensibiliser les communautés sur la gestion dudit patrimoine d’autre part. Elle vise également à développer et à encourager la coopération à l’échelle locale, régionale

et mondiale. Pour cette année, la JPMA est célébrée sous le thème : « Patrimoine et innovation».

A l’instar des 52 autres États parties africains à la convention de 1972, le Burkina Faso célèbre la journée sous les orientations suivantes :
• la recherche d’un équilibre entre conservation du patrimoine culturel et développement durable;
• l’utilisation des nouvelles technologies au service de la conservation du patrimoine culturel;
• la promotion des techniques traditionnelles de conservation du patrimoine culturel;
• l’amélioration de la participation des communautés à la gestion du patrimoine;
• la transmission du patrimoine.
La célébration de la quatrième JPMA intervient à un moment où notre pays célèbre ses dix (10) ans de présence sur la Liste du patrimoine mondial. En effet, le 26 juin 2009, le Burkina Faso faisait inscrire par le Comité du Patrimoine mondial, son premier bien culturel, à savoir le site des Ruines de Loropéni. 8 ans plus tard, en 2017, un bien naturel, le Parc W est inscrit, améliorant et diversifiant ainsi le patrimoine burkinabè sur la Liste du patrimoine mondial.
Cette année, le pays est dans l’attente des recommandations des organes consultatifs pour l’inscription d’un troisième bien : les sites de la métallurgie ancienne du fer. Et les biens culturels sus-cités ne sont qu’une infime partie du riche potentiel culturel dont regorge notre pays.
La célébration du patrimoine mondial africain interpelle chaque acteur sur l’importance de cette ressource dans l’instauration d’une société burkinabè ouverte, inclusive, tolérante et pacifique. En tant que ressource intarissable, le patrimoine culturel constitue un levier sûr du développement durable et du vivre-ensemble. Et en ces heures de tourmentes, il constitue le ferment du respect de l’altérité, de l’autorité, en somme de l’instauration d’une société unie, solidaire et épanouie. C’est donc l’occasion d’interpeller tous les acteurs et la communauté internationale à conjuguer leurs efforts pour sauvegarder et promouvoir cet héritage inestimable.
A travers l’adhésion et l’implication de tous, un appel est lancé à l’endroit de tous les acteurs afin qu’ils intègrent au cœur de leurs actions, la protection, la valorisation et la prise en compte du patrimoine culturel. Chaque Africain d’une façon générale et tout Burkinabè, en particulier, doit s’ériger en défenseur du patrimoine culturel.
Pour leur part, les plus hautes autorités de notre pays, mettent les bouchées doubles pour une conscientisation plus accrue sur les enjeux de la valorisation du patrimoine culturel. Une synergie d’actions sectorielles est mise en œuvre pour accompagner cette démarche avec une déclinaison des activités concrètes et des formes de soutien aux groupes professionnels et aux associations œuvrant dans ce domaine.
Nous invitons donc toutes les couches sociales à adhérer à ces activités et à être des acteurs du renforcement et du rayonnement de notre culture, car comme le disait le Professeur Joseph Ki-Zerbo , « Si nous ne maîtrisons pas la connaissance de nos propres réalités et celles de notre environnement naturel et social, nous aurons beau avoir les yeux grands ouverts sur nos écrans de télévision, ce sont les yeux ouverts que nous irons au précipice (KI-ZERBO, 1992 )».

Vive la culture burkinabè!

Vive le patrimoine africain!

Bonne commémoration de la Journée du patrimoine mondial africain!

Je vous remercie.

Abdoul Karim SANGO
Officier de l’Ordre National